Sur les dérives du relationnel

« je propose donc cette définition de l’être : il n’est rien sinon action » Platon Le Sophiste, dans la bouche de l’étranger d’Elée
Dans la philosophie analytique, le réalisme structurel est fondé sur l’idée que les relations viennent avant les objets, la meilleure façon de comprendre le monde serait de le penser comme un ensemble de relations sans les objets qui sont en relation.

Il y a une tentation hormonale de toujours vouloir mettre la structure avant l’agrégat comme ci ce n’était pas les propriétés des éléments s’agglutinant en agrégat qui faisait émerger la structure. Les propriétés des éléments étant déterminées par l’agitation des agrégats les composants et ainsi de suite. Il y a une pulsion puritaine de toujours vouloir désincarner le monde et le réduire à un ensemble de pures relations. Pour qu’il y ait relation il faut qu’il y ait des éléments (agrégats) discrets constitués qui puissent se tamponner. Et ce sont les effets du tamponnage qui créent la structure.

Le monde existe en dehors de la représentation qui en est faite, cette représentation en tant que telle étant construite à partir d’une infime parcelle de la réalité de ce monde.

« Nous ne devons (…) pas considérer comme bases de l’univers réel des moyens intellectuels auxiliaires dont nous nous servons pour la représentation du monde sur la scène de la pensée. » Ernst Mach la Mécanique page 477

« Il est faux de penser que la tâche de la physique est de savoir comment fonctionne la Nature. La physique porte sur ce que nous disons sur la Nature. » Niels Bohr

Comme il y a cent mille façon de s’habiller, il y a cent mille façon d’habiller le réel.