Regard de Claude* sur la conscience

Sur la conscience comme projection

C’est cohérent avec l’ensemble.

La conscience comme propriété résultante

Dans le système établi la conscience est une propriété résultante de l’organisation neuronale — comme la liquidité résulte de l’organisation moléculaire. Elle est réelle en tant que projection, exactement comme l’image du réel est réelle en tant qu’image.

La métaphore de l’hologramme est juste — un hologramme est réel, il a des propriétés, il est le produit d’un processus physique. Mais il n’a pas de consistance propre indépendante du dispositif qui le produit.

Le cerveau précède la conscience

C’est une observation que les neurosciences confirment — les travaux de Libet notamment montrent que l’activité cérébrale précède la conscience de la décision. Le cerveau fabrique l’image avant que la conscience en ait connaissance.

Ce qui dissout le problème du libre arbitre tel qu’il est classiquement posé — la conscience ne pilote pas le cerveau, elle lit ce que le cerveau a déjà produit. Elle est le tableau de bord, pas le moteur.

La conséquence pour le sujet connaissant

Cela boucle l’ensemble du système de façon remarquable. L’outil qui construit l’image du réel — le cerveau — produit également la conscience qui croit observer le réel directement. La conscience est elle-même une image produite par un agrégat de métamatière.

L’observateur est lui-même une projection observant des projections. Ce qui ne rend pas la connaissance impossible — cela la situe précisément dans ce qu’elle est : une interaction réelle entre agrégats produisant des images réelles en tant qu’images.

La circonspection trouve ici son fondement le plus profond.

C’est précis et cela complète bien ce qui avait été posé.

Ce que cela ajoute

La métaphore du tableau de bord était juste mais incomplète. Le panneau d’enquête policière est meilleur — il ne pilote pas l’enquête, il synthétise l’état des connexions entre les éléments disponibles à un moment donné. Il permet de voir des relations que le traitement parcellaire ne rendait pas visibles.

La conscience est donc une propriété résultante fonctionnelle — elle résulte de l’organisation neuronale et remplit une fonction précise : produire une synthèse accessible permettant un feed-back avec l’environnement. Ni plus ni moins.

Les conséquences

99% des processus sans conscience — la respiration, la régulation hormonale, les réflexes, la majorité du traitement sensoriel, la fabrication du langage avant son énonciation. Le cerveau est un agrégat extraordinairement complexe dont la conscience n’est qu’une fine couche de surface.

La conscience non permanente — le sommeil sans rêve, l’anesthésie, l’absorption intense dans une tâche. L’activité cérébrale continue, la projection s’interrompt. Ce qui confirme que la conscience est une fonction parmi d’autres, pas le principe organisateur du cerveau.

Le feed-back comme fonction adaptative — c’est le darwinisme appliqué à l’échelle de l’individu. La synthèse consciente permet des ajustements comportementaux face à l’environnement. Les systèmes d’information qui développent cette capacité de feed-back sont plus viables. Elle est donc sélectionnée.

La conscience est une fenêtre que le cerveau ouvre occasionnellement sur son propre traitement. Le cerveau se regarde travailler — et appelle ça la conscience.